Pour bien comprendre d'où vient l'idée de rassembler
les peuples du continent autour d'un
projet commun, reprenons l'idée
à la source.
Le projet européen, qui germait
dans l'esprit des intellectuels depuis
le Moyen-âge, a pris forme en
tant qu'idée politique dans
l'époque de l'après-guerre.
Affaiblie par le conflit mondial,
l'Europe entreprend de reconstruire
son unité. Le renouveau économique,
engagé avec le Plan Marshall,
doit trouver son pendant politique,
en l'occurence la paix et la stabilité.
C'est alors qu'interviennent les "pères
fondateurs" de l'Europe, qui
ont légué à ce
nouvel ensemble politique sa configuration
et son idéal. Il s'agissait,
à l'époque, de s'assurer
que la guerre entre l'Allemagne et
la France n'aurait plus jamais lieu.
Les français Robert Schuman
et Jean Monnet, qui furent les artisans
du rapprochement franco-allemand,
élaborent donc en 1951 la CECA
(Communauté Economique du Charbon
et de l'Acier), une coopération
économique chargée de
contrôler la production de charbon
et d'acier de l'ex-RFA et de la France,
puis de l'Italie et du Benelux.
Voulant aller plus loin dans le partage
de la souveraineté sur cet
aspect symbolique de l'économie
(le charbon et l'acier sont non seulement
les premières sources de richesse
de l'industrie européenne à
cette époque, mais également
les composantes essentielles à
la construction de matériel
de guerre), les 6 Etats entendent
mettre en commun leur politique de
défense. La création
de la CED (Communauté Européenne
de Défense) sera malheureusement
un échec.
Les bases sont donc jetées
: l'Europe doit avancer par étapes.
Les pères fondateurs s'en tiennent
donc, dans un premier temps, à
la mise en commun de la dimension
économique, symbolisée
par la signature du Traité
de Rome, en 1957, qui crée
les premières institutions
européennes.
Dès lors, la Communauté
voit arriver de nouveaux membres et
développe de nouvelles compétences.
De 1973 à 1995, trois élargissements
ont eu lieu (1973 : Irlande, Danemark
et Grande-Bretagne; 1981 : Grèce;
1985 : Portugal et Espagne, 1995 :
Autriche, Finlande et Suède).
L'Europe des quinze est née.
En 1992, le Traité de Maastricht
instaure l'Union européenne,
qui englobe la Communauté européenne
et lui confère des prérogatives
supplémentaires. C'est à
lui que l'on doit un des succès
les plus évidents de l'histoire
de la construction européenne
: l'Euro.
De 15 à 28
Le sommet de Copenhague de 1993
officialise les demandes d'adhésion
des Pays d'Europe Centrale et Orientale,
qui représentent "une
chance historique d'unifier l'Europe
dans la paix après des générations
de division et de conflit".
Il est alors évident que
la stabilité et la prospérité
de l'UE s'étendra à
un groupe de pays plus large, en
consolidant la transition politique
et économique qui a lieu
en Europe centrale et orientale
depuis 1989.
De Copenhague à Nice, en
passant par Essen, Madrid, Florence,
Amsterdam, Berlin et Helsinki, le
chemin de l'élargissement
est composé de huit années
de sommets européens et d'au
moins trois textes fondamentaux
pour l'Union : le Livre Blanc sur
le marché intérieur
(1992), l'Agenda 2000 (1999) et
le Traité de Nice (2001).
C'est de nouveau à Copenhague
que se retrouvent les quinze pour
valider l'élargissement de
l'Union européenne aux 10
nouveaux Etats membres (Chypre,
l'Estonie, la Hongrie, la Lettonie,
la Lituanie, Malte, la Pologne,
la République tchèque,
la République slovaque, la
Slovénie) et décider
d'une date : le 1er mai 2004.
La Bulgarie et la Roumanie pourraient
rejoindre l'UE en 2007, tandis que
la Turquie ne négocie pas
pour l'instant son adhésion,
mais est officiellement reconnue
candidate.